Après trois ans et demi de boycott, le président du Biarritz Olympique, Jean-Baptiste Aldigé a décidé de renouer des liens avec le journal Sud-Ouest.
Il leur a d’ailleurs accordé une très longue interview consultable dans son intégralité sur le site officiel du journal.
Lors de cette interview lunaire, Jean-Baptiste Aldigé sort la sulfateuse et allume tout le monde : l’association du Biarritz Olympique, son président David Couzinet, l’ancien président Sébastien Beauville mais également la mairie du Biarritz Olympique à commencer par la maire : Maider Arosteguy.
Dans un premier temps, c’est l’actuel président de l’Association du BO qui en prend pour son grade, à savoir David Couzinet. Extrait:
“On essaie de faire avancer le club et le projet Aguilera. Je suis allé voir Monsieur Couzinet avec une proposition : 100 000 euros pour qu’il fasse du rugby amateur et s’occupe de ses équipes. En échange, on récupérait le centre de formation. Il devait me donner une réponse après l’assemblée générale de l’asso. Je l’ai appelé jeudi. Il m’a répondu qu’il était occupé avec Madame le maire. Le vendredi, j’ai reçu un mail: il n’avait pas le temps.
C’est un problème de CP. On me dit : « Je vais réfléchir, je dois demander à mes copains. » Ok, conseil de classe de CM2 pour résoudre un problème de CP. Et je reçois un mail pour me dire qu’il part en vacances scolaires, qu’on verra à la rentrée pour résoudre l’addition 1+1 = 2. Je ne sais pas quoi vous dire… L’élève a peut-être du talent, mais il n’a pas envie de travailler. Il ne fera donc pas partie de la promo Gave, Aldigé, Clarkin 2021.”
L’ancien président de l’Association, Sébastien Beauville prend également une cartouche au passage. Extrait:
“Celui qui donne la direction sportive est donc le directeur sportif et je n’en connais qu’un : Matthew Clarkin. De l’autre côté, l’association gère l’administratif, la paperasse. M. Beauville, que personne ne connaissait sauf sa mère, c’est moi qui l’ai nommé. Il faisait la boîte aux lettres. Il appliquait la politique administrative de la SASP et la politique sportive de Matthew Clarkin.”
Il l’affirme : si David Couzinet veut s’occuper de la SASP, il faut qu’il sorte le chéquier et la rachète à la famille Gave. Extrait:
“À partir du moment où ces gens veulent discuter, ça ne nous intéresse pas. Aujourd’hui, je veux bien que M. Couzinet se soit dit qu’il voulait participer à la politique professionnelle. Ça aurait été fort bienvenu dès 2018 mais le Top 14 est sans doute plus attractif. S’il veut faire ça, il prend un chéquier et nous achète la SASP. Là, il pourra se faire plaisir.”
Selon lui, David Couzinet a pris la grosse tête. Il ne manque pas de le recadrer virilement. Extrait:
“Dans cette interview dans vos colonnes, je crois qu’il est atteint du syndrome du « turbo boulard » (sic). Aujourd’hui, Jean-Baptiste Aldigé est président de la SASP et du secteur professionnel. Louis-Vincent Gave est propriétaire de la SASP et du club professionnel. M. Couzinet vient d’être conforté en tant que président de l’amateur. Donc avec ses copains, ils veulent faire du rugby amateur. C’est super. Bravo à eux. Ils vont pouvoir rendre ce qu’ils ont reçu. J’aurais été ravi, quand j’étais jeune, d’avoir MM. Thion, Harinordoquy, Yachvili et Couzinet. Donc allez sur le terrain et transmettez aux gamins ce que vous avez appris. Mais dans vos colonnes, à aucun moment M. Couzinet ne nous parle des enfants. Il nous fait un grand discours de politique générale sur des sujets qui ne touchent qu’au professionnel. Il explique même ce que doit être l’identité de l’équipe professionnelle. On marche sur la tête. Un bon directeur d’asso, c’est quelqu’un que personne ne connaît, pas quelqu’un qui va dans le journal tous les trois matins.
Quand je vois M. Couzinet challenger M. Gave, je me dis : on est où, là ? Il n’a pas peur du ridicule. Il a peut-être mis et reçu des marmites au nom du BO, ça ne va pas remplacer ce qu’a fait M. Gave au BO. Et après, il demande si c’est une affaire des personnes ? La réponse est oui, mon ami ! Donc on va te donner du pognon pour faire ce pour quoi tu es là, on va te donner 100 000 euros par an pour que tu puisses t’occuper du rugby amateur. Nous, on va s’occuper du rugby pro et derrière, merci. Mais ils ne sont pas là pour l’amateur.”
Il l’affirme : David Couzinet et ses amis veulent garder la main pour “emmerder” la SASP. Extrait:
“Ils veulent garder la main sur nous pour nous emmerder. L’asso, elle, n’a rien à faire dans notre politique sportive. À quelle heure ai-je besoin que Messieurs Couzinet et Yachvili aient confiance en moi ? On s’en fout. Si j’avais eu l’idée de mettre Monsieur Yachvili et Monsieur Couzinet à mon conseil d’administration, on aurait su les trouver. J’ai beaucoup de respect pour ce qu’ils ont fait et pour les années où ils ont joué, même si en Pro D2 il n’y avait pas grand monde, mais on ne veut pas discuter de la compo d’équipe ou du recrutement avec eux.”
Il estime également que l’Association du BO a effectué de la traite d’êtres humains ces dernières années. Extrait:
“Il est écrit dans la convention qu’aucune décision ne peut être prise sans l’accord de la SASP donc quand l’association de M. Beauville nomme Benoît Baby directeur de centre de formation, sans l’aval de Matthew Clarkin, quand elle recrute un deuxième ligne géorgien venant de Massy et deux ou trois joueurs de plus qui coûtent de l’argent sans notre accord, non seulement c’est de la traite d’êtres humains car on ne fera jamais jouer ces jeunes, on leur a menti, mais en plus, on ne peut pas nous refacturer les coûts.”+
Lorsque l’Association réclame 27 000 euros à la SASP, Jean-Baptiste Aldigé leur répond à sa manière. Extrait:
“Je lui ai dit : « Toi et moi, on ne peut pas se blairer, il n’y a pas de problème. Mais ce n’est pas le sujet. » On est là pour trouver la solution pour que le club aille mieux. Mais techniquement, aucun élément de droit ne vient prouver que je leur dois de l’argent. Moi, je pense même qu’ils m’en doivent. 27 000 euros exactement. Après, s’ils sont si sûrs d’eux, qu’ils aillent devant les tribunaux. On n’est pas sur le terrain à se filer des mandales. On est dans un vrai pays de droit. Si j’ai fait une erreur, allez devant un juge. S’ils n’y vont pas, c’est qu’ils n’ont pas d’éléments. Moi, malgré le fait qu’ils m’en doivent, je ne vais pas y aller. Je vais leur dire, faites « mumuse » avec mes 27 000.”
Pour conclure, Jean-Baptiste Aldigé ne manque pas d’atomiser la maire de Biarritz : Maider Arosteguy. Extrait:
“Madame Arosteguy, en général, arrive sur les scènes de guerre et appelle à l’apaisement en disant qu’elle a sauvé le BO. Tous les problèmes que vous avez au BO, ce n’est que la mairie de Biarritz qui les a créés, Veunac comme Arosteguy. Madame Arosteguy, c’est toujours pareil. Elle fait un truc et après, elle ne comprend pas. À chaque fois qu’elle fait un truc, il y a des répercussions. Elle active Beauville en avril, il y a des répercussions sur le club. Elle active les Galactiques – qu’on devrait plutôt appeler les cafetiers – il y a des répercussions. Elle enlève la subvention de 350 000 de la SASP pour la donner à l’asso, il y a des répercussions. À Bayonne, pour faire un stade, le train est passé sans bruit. Ici, pour déterminer la couleur de la pelouse ou du cheval blanc d’Henri IV, il se passera encore quelque chose. C’est dans leur ADN. Ils adorent ça, créer des problèmes.”